5 mai

Vous trouverez la totalité de nos photos ->ICI<-

Tout va bien, nous sommes rentrés, entiers, sans aucun problème mécanique ou de santé, mais sur place, par sécurité, nous n’avons pas voulu donner trop d’indications sur notre position et nos intentions en temps réel. C’est la raison, avec le temps et les difficultés de connexion, pour laquelle nous n’avons donné des nouvelles qu’à nos enfants par email et sms.

Un premier avis sur ce voyage : à moins qu’il y ai de gros changements dans les comportements aux douanes, je déconseille cette destination (le Sénégal) aux voyageurs seuls sans grosse organisation, entrant par la route.

Nous étions prévenus, mis en garde, j’avais lu des commentaires de précédents voyages sur la douane à Rosso et nous devions passer par Diama (il n’y a que ces 2 points d’entrée lorsque l’on arrive de Mauritanie) mais lorsque nous sommes arrivés à Diama, la frontière était fermée à cause de rumeurs de fièvre ébola (6 jours après elle était toujours fermée) et nous avons dû rebrousser chemin et affronter Rosso, sa folie administrative et surtout son racket organisé et protégé. Je vous décrierais ce qui s’est passé ultérieurement (rien de grave, de physique ou autre, mais « chaud » tout de même). Nous avons tout de même décidé de raccourcir le périple (déjà entamé par la décision de mon patron de refuser ma 4em semaine) et de passer quelques jours au Maroc qui lui est toujours aussi accueillant et parait très moderne, propre et organisé à côté !
Je vais vous faire mes petits comptes rendus traditionnels par jour, en sachant que, ces histoires gommées, ce fut une grande expérience pour nous, la découverte d’une superbe nature au Sénégal et de désert sans fin avec d’immenses dunes en Mauritanie et sud Maroc et de belles pistes pour le 4×4 à leurs pieds ou sur les immenses plages (150km pour celle de Dakar !).

C’est parti …

Préparatifs : 16 juin 2014

Et voilà, l’été est là, enfin ! Les vacances et le voyage de l’année 2014 aussi, double enfin !
En préparation depuis plusieurs mois, c’est vers des horizons plus lointains que nous partons cette année pour réaliser en partie nos rêves.

Direction … l’Afrique noire !

via le Maroc (rapidement traversé), la Mauritanie par la côte et son désert du banc d’Arguin, puis le Sénégal où nous tenterons d’en faire le tour. « Tenterons » car, en août, c’est la saison des pluies et comme le trajet prévu est en grande majorité sur piste, il est possible que nous soyons gênés.
La préparation pour le Sénégal n’est pas une mince affaire (sans parler de la Mauritanie) :
Pour nous, il faut des visas à 50€ pièce, qui sont biométriques et pour faire au plus simple on doit aller au consulat à Paris sur rdv et en semaine (en personne avec photos, empruntes, certificats d’hébergements venant de là-bas, etc) pour les obtenir (pour la Mauritanie, c’est à Rabat, Maroc).
Pour le véhicule, il faut un carnet de douane (avec dossier et payant !) car il est obligatoire de le ramener, ils ne veulent plus d’épaves restant chez eux et nous devrons le faire tamponner à chaque frontière, il faut aussi prendre sur place, dans chaque pays, une assurance (la Matmut elle assure … pas !).
Pour notre santé, vaccin fièvre jaune et en raison de la saison des pluies traitement anti-paludisme à prendre avant, pendant et 1 mois après car l’Anophèle sévit (moustiques porteur de cette maladie), et en plus, vêtements et moustiquaires imprégnés de répulsif spécial tropique, la citronnelle les fait rire !
Sur place, les contrôles policiers sont permanents et nous prévoyons 50 fiches de renseignements chacun ! Sans parler du harcèlement pour obtenir du bakchich !
Et puis la route : il y a  4.000kms d’approche (France, Espagne, Maroc) pour un tiers sur de longues routes au milieu du désert du Sahara et sous une chaleur accablante, ce qui nous laisse envisager un programme total de 12.000kms !
Bref, il faut en vouloir !
En contrepartie, une population accueillante, de merveilleux paysages de dunes, de savanes, de mangrove, les baobabs, les palmiers et une faune luxuriante, phacochère, crocodile, varan, pélican et d’innombrable sortes d’oiseaux, singe, hippopotame, buffle, etc  et parcourir des pistes à 4×4 où l’on ne voit jamais de touristes.
Bref, vaste programme et encore une fois, on espère malgré tout se faire plaisir et ramener d’énormes et beaux souvenirs.

Ci-dessous la carte générale.

Préparatifs : 28 juillet 2014
Dernière ligne droite avant le départ ! En fin de semaine nous prendrons la route direction le sud France, Espagne, Maroc, Mauritanie puis sud Sénégal soit pendant 6000kms !
Les préparatifs sont terminés, visas Sénégal fait, la voiture est chargée et elle a son passeport (carnet ATA) à faire tamponner à chaque douane, nous nous sommes piqués de partout (3 vaccins, fièvre jaune, typhoïde, hépatite) la maison sera occupée par les enfants, les animaux sous bonne garde et les GPS sont remplis de cartes et trajets.
Petit soucis tout de même : mon gentil patron, à 10 jours du départ (dont il est informé) m’a refusé ma 4eme semaine ! Nous partirons donc un peu plus tôt en supprimant les jours de repos à la maison et on raccourcira peut être le circuit au besoin d’une journée ou deux.
Donc prochaines étapes importantes : Algesiras pour le bateau, Rabat pour les visas mauritanien.
J’essaierais de mettre à jour le site « Revesdepistes » au fur et à mesure semaine prochaine.
Bonnes vacances à tous ….

Vendredi / samedi 01-02 Août 2014
Tours – Algesiras 1700km

Descente classique de la France et de l’Espagne (Bordeaux, Burgos, Salamanque, Séville, Algesiras) avec beaucoup de monde jusqu’à Burgos, très tranquille ensuite.

Nous quittons l’autoroute surchargée à Poitiers pour prendre la N10 (4 voies/110k/h) beaucoup plus calme. Au niveau de la frontière France/Espagne les aires sont surchargées, impossible de s’y garer, nous sortons de l’autoroute côté espagnol pour dormir sur un parking tranquille.

Dimanche 03 Août 2014

Algesiras – Moulay Bousselham 190km d’autoroute

à bientôt Europe
Traversée sur Ceuta (Tanger complet). 1h pour les formalités de douanes.

 

Ceuta
 
 
Repos

Autoroute jusqu’au camping de Moulay Bousselham, petite station balnéaire très animée, promenade à pied, repos et premier tajine.

 

Lundi 04 Août 2014
Moulay – Marrakech 460km d’autoroute

l’entrée du site

 

le mausolée blanc et la grande mosquée à droite

Passage par Rabat, arrivée à 10h30 à l’ambassade de Mauritanie puis visite de la Tour Hassan et du mausolée de Mohamed V en attendant de récupérer les visas (2×50€) à 15h.

La température est agréable 25º, mais 2h de route dans les terres et cette fraîcheur en prend un coup le thermomètre grimpe à 34º. 

place Jemaa El Fna

Soirée à Marrakech qui est devenue une grosse ville avec un fort trafic automobile. Navette (10€ A/R) du camping au centre pour faire un tour au souk et manger sur la place Jemaa El Fna mais les prix sont au niveau européen, dommage. Il règne une forte animation avec des vendeurs et petits spectacles en tous genres. Beaucoup de monde.

 

camping vide

 

 
Nous appelons la navette vers 23h pour le retour dans notre tente de toit.

les paons du camp











Mardi 05 Août 2014
Marrakech – Tarfaya 780km d’autoroute et route dans le désert. 35° puis 25° sur la côte

Descente vers le sud avec beaucoup de vent chargé d’embruns et de sable.  Autoroute jusqu’à Agadir, nationale dans les derniers contreforts de l’Atlas, puis désert à partir de Tantan. A partir de là les contrôles policiers des papiers commencent, normal on est au Sahara Occidental que le Polisario revendique toujours soutenu par l’Algérie.
Pause au bord de la falaise, pour le déjeuner, avec une vue formidable sur une immense plage embrumée avec quelques cabanes dispersées de pécheurs et 2 épaves de gros chalutiers, puis au « trou du diable » où la mer a creusé une grotte dans la falaise jusqu’à tomber sur une partie friable du plateau, provoquant un effondrement presque circulaire.

le trou du diable

Arrêt à Tarfaya en bord de mer, 1 camping mais fermé, on va au port, repas au cul de la voiture à l’abri du vent, le long d’une promenade inachevée. Il fait frais, 20°, nous nous mettrons le long du mur du port et à l’intérieur du 4×4, pour une nuit plus tranquille.

Mercredi 06 Août 2014
Tarfaya – Barbas 830km de désert
Route monotone, plate et sans grand intérêt si ce n’est de belles vues sur les falaises et la mer, le spectacle de ces ronds point délirants à l’entrée de certaines villes (2 dromadaires géants, un autre avec 2 autruches, ou encore 2 sardines (ou thon))
passage du tropique du Cancer, ah non … du Concer !

 

 

 


et aussi des 4 et 6 voies inutiles avec des lampadaires en surnombre, bordées par le village de cabanes de bois ou plastique.

la 4 voies en sortie de Laayoune

En sortie de Laayoune, la 4 voies, digne d’une autoroute française, est envahie par les dunes et des tractopelles font inlassablement « traverser » le sable d’un bord à l’autre.

remarquez que j’ai mis la polaire !

Arrêt à Barbas dans un surprenant hôtel entouré du désert, à 80km de la frontière. On prend l’assurance voiture pour la Mauritanie à la station essence. Repas tajine et nuit devant l’hôtel sous l’œil bienveillant du gardien. Toujours un fort vent.

 

 

Jeudi 07 Août 2014
Barbas – Nouadhibou 140km de désert + frontières 30°

poste frontière marocaine

Aujourd’hui, 1er obstacle : passage des frontières marocaines puis mauritanienne.
Plein de gasoil à 0.96€/l (zone détaxée). Arrivée vers 9h à la première barrière.
Il faut passer par chaque administration, police, gendarmerie puis douanes, et cela des deux côtés ! Il faut faire du change avec l’un des passeurs pour régler les « taxes » mauritaniennes, 1000 ouguiya (2.5€) à la police, 2000 à la douane. Résultats il nous faudra 3h30 pour entrer en Mauritanie avec du monde, des guichets, aucune indication et une grande pagaille (côté mauritanien),  mais on était prévenus.

piste défoncée entre les 2 frontières

Entre les deux frontière, il y a le « no man’s land » une zone de 4km sans route, que diverses traces plutôt pour 4×4 mais empruntées par tous, voiture simple, bus, semi-remorque ou camping-car !
Dans cette zone on trouve aussi des tas d’objets abandonnés, le tas des tv, tas des frigos, des machines à laver, etc et aussi des stocks de véhicules sans plaque en attente de …? Il y a même une ambulance de pompiers français marquée « don humanitaire » ! Il y a aussi des personnes, qui font quoi …? On n’y traîne pas car cette zone n’est gérée par personne et aucune autorité ne doit s’y aventurer.
Il faut se rappeler qu’il y a quelques années, dans ces zones (sud Maroc et nord Mauritanie) on s’y déplaçait en convoi et sous protection militaire.

rue principale de Nouadhibou (une partie très calme)

Puis après 70km, 5 contrôles où à chaque fois on distribue nos fiches de renseignements préparées en France, on se retrouve à Nouadhibou avec sa circulation anarchique, ses Mercedes et autres R12 d’un autre temps.

cour du Lévrier

Arrêt au camping du Lévrier. Le camping est en fait une cour en pleine ville et cher pour ce que c’est, 10€ (en comparaison on a payé 5 à Marrakech pour bien mieux), mais la douche est chaude est nous réconforte.

Petite sieste et nous partons sous une tempête de sable vers le Cap Blanc à 15km. Après la raffinerie on prend la piste mais le vent est si fort que la piste peu empruntée est recouverte de sable, on fait demi-tour et comme je ne l’avais pas prévu, j’ai les pneus gonflés à bloc et je m’ensable !

avant ensablement, imaginez un vent fort et le sable partout

Je dégonfle mais trop tard, il faut sortir la pelle et creuser avec le sable qui nous single le corps. Un mauritanien qui passe par hasard nous donne un petit coup de main à creuser et on se sort rapidement de ce trou avec cette fois tous les blocages de ponts enclenchés.
On retourne au camping, le propriétaire nous dit qu’il n’y a qu’un petit passage de sable sur la piste du cap et que l’on doit pouvoir passer … à suivre.

vendredi 8 août
Il fait beau, plus de vent.  Plein de gasoil à 0.70€/l ! On renonce au Cap Blanc, à ses carcasses de bateau échouées et vu le sable qui a volé hier on décide de rallier le banc d’Arguin après 200km de goudron et par la piste la plus courte (40km) et plus utilisée. Nous sommes au milieu du désert, tout est plat, quelques cabanes par endroit, du sable, des dunes … rien d’autre !
rangée de lampadaires à panneau solaire au milieu de rien
le train vu de loin
Ah si … nous croisons le train le plus long du monde mais aussi le plus lourd et parmi les plus lent, il circule sur une voie unique de 700km (12 à 18h !) entre les mines de fer du nord et le port de Nouadhibou, 2,5 km de long, 200 wagons transportant le minerai et une voiture pour passagers, le tout tiré par 3 locomotives de 3300cv.  
pose repas (rapide … chaleur écrasante)
Sur la route nous aidons (sous 35°) 2 motos dont une s’est enroulé un sweat dans la roue arrière et leur laissons une bouteille d’eau fraiche. Sur la piste, nous nous arrêtons vers 14h pour le repas de midi ! Il fait chaud, nous profitons à nouveau de ma dernière acquisition, le auvent; rapide à déplier et qui protège grandement notre espace cuisine / repas.
nos voisins de piste
Après 40km (1h30) de piste ensablée et un peu de « jardinage » en hors-piste pour retrouver les bonnes traces, nous arrivons au Cap Tafarit ou il y a un campement sur la plage. Nous prenons une petite khaïma (tente de bédouin). Il y a 4/5 tentes occupées par des touristes mauritaniens qui viennent là pour la pêche, mais toujours aucun étranger. Le lieu est magnifique, une baie immense en sable blanc, entre deux cap rocheux et bordée par de petites dunes. Nous profitons de quelques heures de repos pour admirer, se balader.
le camp au Cap Tafarit
notre « chambre« 
La nuit sera calme, chaude au début.
Samedi 9 août
Toujours beau et chaud dès le lever du soleil. 120km de sable puis 160 de goudron.

Petit tour sur le promontoire rocheux du cap Tafarit et nous décidons de prendre la piste prévue étant donné que nous n’avions pas eu de problèmes la veille.

Pour la petite histoire, c’est par ici qu’a eu lieu le naufrage de la Méduse vers 1800 qui donna ensuite le célèbre tableau « le Radeau de la Méduse » de Géricault.

Cette piste fait 120km pour moitié droit au sud en bord de mer sans soucis et très agréable. Nous faisons plusieurs arrêt pour admirer de loin des flamants roses, des pélicans et autres échassiers. L’autre moitié de notre piste vers l’est passe à travers les dunes toujours sur du sable en évitant les dunes. Le problème c’est qu’une dune ça bouge et ça recouvre tout et nous faisons du hors-piste par moment pour les contourner et pour retrouver des traces et en fait très proches de mes relevés GPS. Finalement piste agréable et après 4h superbes, nous retrouvons le goudron sans soucis. Il y a là une route en construction direction le port de pèche de Nouamghar, que deviendra la piste dont les traces étaient visiblement peu nombreuses ?
Puis descente à travers le désert jusqu’à Nouakchott. Sur la route nous observons des ramasseurs de sable ! Des centaines d’ouvriers creusent, en plein désert, chacun un trou à la pelle et avec un tamis sépare le sable du gravier puis un camion benne passe et ils le chargent, toujours à la pelle. En fait ce sable et gravier sont destinés à la cimenterie près de Nouakchott.
Nous entrons dans la capitale par une petite route (erreur de lecture GPS) ce qui nous amène à voir une activité d’un autre temps, au milieu de détritus, d’innombrables petites boutiques d’artisans qui fabriquent et vendent de tout, travail du fer forgé, soudure sans protection des yeux, meubles massif en bois d’acacia, ateliers mécanique envahis de pièces mais sans beaucoup d’outils, les enfants vendent des mouchoirs en papier, ou des cigarettes à la pièce, d’autres des lunettes de soleil, il y a aussi ceux qui trient les tas d’ordures, accompagnés par les chèvres, pour récupérer quoi ? le plastique ? le fer ?
Retour près de l’aéroport à l’agence Gama, où nous avions prévu d’y prendre l’assurance Sénégal pour avoir un souci de moins plus loin, mais nous sommes samedi, l’agence avec qui j’avais eu des échanges d’email est fermée, elle sera donc prise à la frontière.
J’avais prévu la nuit dans un camp en bord de mer mais il est 17h, nous renonçons pour ne pas faire 30km en arrière. Nous cherchons l’auberge d’Olivia dans le centre, une française bien connue sur le net, mais je ne me souviens que du prénom de sa propriétaire ! Elle tenait l’auberge Menata autrefois et nous suivons un taxi (pour 5€ !) à cette fausse adresse. Nous finissons par trouver la bonne adresse qui est Auberge Jeloua. Un havre de paix dans un beau jardin où nous prenons une chambre avec climatisation bruyante et moustiquaire, Olivia est en France mais son employé est formidable et toujours prêt à aider. Nous rentrons la voiture dans sa cour.
la cour de Jeloua
Nous retrouvons un des motards aidés la veille, un italien. Il est bloqué là car il est partit sans se renseigner et en voulant faire son visa Sénégal ici, on lui impose la vaccination contre la fièvre jaune, mais un weekend, c’est compliqué !
Quelques courses à côté chez Tata, un petit super marché approvisionné en produit Made in France ! La nuit venue nous allons à pieds dans un snack local manger une pizza !
Dimanche 10 août
Direction la frontière du Sénégal par 180km de goudron puis la piste sur la digue du fleuve Sénégal qui fait frontière.
Cette journée mérite 2 messages tellement elle fut chargée en émotions.
D’abord 150 km direction Rosso sur une route que Googlemap nome « Autoroute Rosso », mais c’est la pire route que nous ayons vue, le paysage est magnifique, on traverse tantôt des champs de dunes, tantôt la brousse avec beaucoup plus de végétation qu’hier ! Quant à la route, goudronnée, certes, mais couverte de nids de poule, voire d’autruche ! Il y a en plus un peu de monde, qui zigzag comme nous pour éviter ces trous, les suspensions ne sont pas à la fête et nous ne pouvons éviter de les faire souffrir par moment. De nombreuses épaves de voiture sont laissées là à l’abandon ayant servies de stock de pièces pendant quelques jours. Il y a aussi un spectacle difficile à admettre pour nous européens, c’est les animaux morts. Les bas-côtés sont parsemés de cadavres, d’ânes, de chèvres, de vaches, de dromadaires, certains récents encore gonflés par la fermentation due au soleil, prés à exploser, des têtes arrachées (excusez-moi de ces détails dégoûtants !) d’autre où il ne reste que les os et la peau. Au bout de ces 150km difficiles, une route goudronnée toute neuve, superbe, toute droite, recouvre la piste de l’aqueduc qui va au fleuve Sénégal. A la fin de ces 30km on arrive dans la zone inondable du fleuve. Nous croisons nos premiers phacochères au milieu des vaches qui broutent dans les marécages, quelques kilomètres de piste et nous arrivons à la digue du fleuve. Là le gardien du poste nous dit qu’il pense que la frontière de Diama est fermée ! Il faut savoir qu’en arrivant du nord, il y a 2 points de passage vers le Sénégal : le barrage de Diama et le bac de Rosso. Celui de Rosso étant malfamé, j’avais évidement décidé de passer par le barrage qui est relié à la route par une piste de 45km sur la digue. Nous décidons de continuer mais nous croisons des mauritaniens puis des Hollandais qui nous disent que la frontière est bien fermée à cause de rumeur de fièvre Ébola et qu’il faut passer par Rosso et son bac,  50km à l’est toujours par la digue. Cela fera l’objet d’un autre message … En attendant nous roulons sur la digue, quelques fois en contre bas pour cause de piste pourrie, et nous admirons les premiers oiseaux avec des couleurs vives comme des perroquets qui survolent les roseaux. Arrêt repas (eau, sardine, eau, vache qui rit, pain de mie et …eau) sous une température écrasante au milieu de rien.
les marécages du Sénégal
 

 

fait chaud !
la digue, en haut …
 

 

… en bas
 
Dimanche 10 août 2eme partie
Beaucoup de texte, pas beaucoup de photos vu les circonstances …
Rosso à une mauvaise réputation mais nous n’avons plus le choix.
Rosso a confirmé sa réputation … Nous y passerons 4h horribles !
Donc pour cause de rumeur d’Ébola la frontière de Diama est fermée, mais pas Rosso, allez comprendre ! (6 jours après elle était toujours fermée !).
Donc 2 choix : annuler le voyage ou affronter Rosso, ce que nous avons choisi (suite à diverses rencontres lors du voyage, les conditions de racket sont plus légères mais existent aussi à Diama).
Arrivé à 14h à Rosso, vous avez une quantité de « passeurs » mieux habillés que la majorité, lunettes noires, qui viennent à votre rencontre pour vous « prendre en charge », ils vous proposent de vous aider en vous évitant les queues aux divers guichets et même si vous refusez ils s’imposent et ne vous quittent plus.
Précédé par un passeur, un grand portail en fer s’ouvre et se referme derrière nous et on entre dans la nasse.
Là dans cette cour, il y a les guichets officiels suivant (ils sont dispersés et pas signalés):
-offices de change pour les CFA
-assurance pour Sénégal (50€)
-taxe de commune (3€)
-bac (7.5€)
-police (3€)
-douanes (3€)
On passe à ces guichets et on reçoit à chaque fois un petit reçu, jusque-là tout va bien, si ce n’est la pagaille.
Ensuite l’arnaque ou plutôt le racket commence : le passeur nous emmène au « transitaire », (fonction inventée bien entendu), un civil qui se balade dans la cour. Ils se mettent à plusieurs, tous civils, au milieu de la place ou dans un coin, devenant menaçants et demandent 180€ !! Évidement on refuse, on va voir un douanier qui dit « faut payer leurs services » (visiblement ils sont de mèche et ferment les yeux).
Un bac part, mais ils nous bloquent en disant « si tu ne payes pas, tu ne pars pas ». Ils tentent sans réussite de prendre nos papiers voulant trouver une solution avec ce « transitaire ».
On prétexte de vouloir faire demi-tour mais il y a le portail et on a déjà déboursé beaucoup depuis la France pour se dire « on ne va pas abandonner là ».
On voit bien que d’autres passagers sont eux aussi en mauvaise posture, même des africains.
On craque moralement un peu, on négocie, on montre un porte-monnaie vide, le « tarif » descend petit à petit jusqu’à 50€ que l’on paye finalement pour être libérés et ne plus avoir cette meute sur nous.
le bac

 

La cour de Rosso côté Mauritanie
On prend enfin le bac, on se dit ouf, mais c’est un court répit !
la rive sénégalaise
en gris notre 2em « passeur » nous avait déjà repéré et surveillait sa proie tel un rapace 
Arrivé de l’autre côté au Sénégal, rebelote, ça recommence !!
Même circuit administratif et d’autres « facilitateurs », et de ce côté, on s’en tire pour 100€ de racket.
De plus les douaniers ne sont pas habilités à tamponner les carnets de douanes ou ATA (carnet qui nous oblige à ressortir le véhicule du pays), ils vous donnent donc un « passavant » de 48h pour aller aux douanes de Dakar obtenir ce tampon ! Détour que nous n’aurions pas fait sinon.
Après 4heures de stress, de pression moral, de coups sur la voiture, de foule oppressante, de racisme, etc et 150€ de plus que les 40€ « officiels », le deuxième portail s’ouvre et nous sommes libérés et ce n’est pas qu’une simple image !
Du coup il est tard 18h, et la nuit tombe, j’avais prévu la nuit au camping « Océan » à Saint Louis qui est en fait dépendant de l’hôtel Dior sur la plage de l’hydrobase. J’avais d’ailleurs contacté Mme Dior pour avoir le « certificat d’hébergement » demandé pour le visa. Nous faisons donc les 100km dans la nuit mais la route est bonne.
Arrivés sur Saint Louis, nous traversons la ville grouillante de monde, passons le pont Faidherbe sur le fleuve Sénégal, l’ile et nous nous retrouvons sur la langue de Barbarie sans avoir vu grand-chose en raison de la nuit et de l’attention que l’on porte à la circulation anarchique. Il y a de tout, des taxis jaunes déglingués, des minibus d’un autre âge (d’antiques camionnettes Renault Goélette) tout cabossés, sans vitres, surchargés mais malgré tout jolis peint en jaune et bleu et décorés de divers textes et signes. Il y a des charrettes tirés par des ânes squelettiques, des chèvres ou moutons et profitant de la fraicheur revenue, beaucoup de piétons, de femmes en grandes robes colorées, des enfants insouciants et le commerce bat son plein.
Du côté langue de barbarie, c’est la partie « village » avec des petites rues très animées où l’on essaye de se frayer un chemin, puis sur 2km c’est le débarcadère des grandes pirogues de pèches et dans la nuit, nous apercevons tout de même leur couleurs et décorations magnifiques, mais il y a une « certaine » odeur …
Arrivés chez Dior (excusez du peu, ça fait plaisir de dire ce nom) vers 20h30, nous commandons un repas et nous garons le 4×4. Après une petite douche, nous allons au restaurant de l’hôtel pour se régaler d’une dorade chacun et de quelques frites (on ne se refait pas) sur une nappe rouge et un cadre luxueux après ce que nous venons de vivre.
Couchés aussitôt après.
Vers 3h du matin, un peu de bruit de véhicules : c’est un groupe de minibus et de 4×4 (les 3 hollandais rencontrés le matin) qui arrivent en convoi. En fait ils n’ont pas de carnet ATA, ils désirent se rendre en Gambie car là-bas on peut encore vendre son vieux véhicule et se payer un vol pour le retour. Mais dans ces conditions, la douane vous impose à la place du passavant une « escorte », qui n’est ni plus ni moins qu’un militaire, qu’il faut loger et nourrir et vous ne devez pas trainer en route. Cette « organisation » les a bloqués 7h de plus que nous à Rosso ! (faut en vouloir !)
Lundi 11 août
260km de goudron en …6h !
Après une excellente nuit avec une bourrasque et quelques gouttes entendues, lever tardif.
camp chez Dior
 
Tout en préparant notre départ, nous observons une scène qui nous remet en condition :
Une dame amène un groupe d’une dizaine d’enfants (probablement orphelins) dans l’arrière-cour de l’hôtel et une employée sort une grande gamelle de riz que les bambins s’empressent d’avaler.
flamants rose
plage de Saint Louis devant le camp
Nous partons et en remontant la mince bande côtière, nous comprenons la « certaine odeur » d’hier soir. Autour des magnifiques pirogues, des ordures et des chèvres et des gens qui fouillent !
 
Nous nous arrêtons dans l’ile, sur la place Faidherbe bordée de magnifiques demeures de style colonial et d’une banque pour faire du CFA.
 Nous retraversons les yeux écarquillés le pont Faidherbe sur le Sénégal, de style Eiffel reconstruit avec l’aide de la France du temps de Chirac, puis direction Dakar.
 
La circulation est dense, les villages sont nombreux et difficiles à traverser, les véhicules sont bien souvent dans un état pitoyable. Les femmes vendent de partout des mangues, c’est la saison, elles vendent aussi des poches en plastique d’eau fraîche (origine de l’eau … ?).
On nous avait averti de nombreux contrôles policiers mais sur l’ensemble du séjour, nous n’en aurons qu’un (contrôle de présence d’extincteur, 2 gilets jaunes, 2 triangles, assurance CEDEAO, permis etc). Les fiches de renseignements préparées seront utilisées en Mauritanie au retour.
Par contre, ils ont des dos d’ânes, (que dis-je des ânes entiers) non signalés bien sûr, sur lesquels il est impératif de s’arrêter si l’on veut continuer sa route sur les roues. Nous avons croisé un camion-benne de mangues qui devait avoir mal négocié un de ces obstacles et dont les portes arrière s’étaient ouvertes sous le choc, et la route était couverte de mangues sur 100m au grand bonheur des villageois !
 
La végétation change, nous rencontrons les premiers baobabs, certains sont énormes, et quelques vautours perchés.
Après la longue traversée (8km) de Thiès, rapide repas (sardines, eau, etc vous connaissez) car nous voyons l’heure tourner et les 260kms ne passent pas ! L’arrivée sur la banlieue de Dakar empirera la situation routière.
18h arrive, on est à Diorga, encore 30km, Tomtom prévoit 1h de trajet dans ces conditions et on se dit que c’est foutu pour rejoindre la douane. On réfléchit pour notre étape du soir, soit remonter sur le lac rose comme prévu ou bien un hôtel proposé par le Routard sur Dakar proche du port. On en a marre, la décision est vite prise en faveur du confort et proche du port. On découvre une autoroute qui n’est ni sur Tomtom, ni sur la Michelin et qui rentre dans Dakar jusqu’au port.
le Saint Louis Sun
30mn après nous sommes devant le « Saint Louis Sun », pour un prix très raisonnable nous serons au calme.
Nous avons mis 6h30 pour 260kms !
Nous quittons l’hôtel pour une balade à pieds, dans les petites rues direction le port pour repérer le môle 1 où se trouvent les bureaux de douanes.
 
la gare
Il fait bon, on se sent bien, les locaux sont agréables, on croise pas mal d’européens, surement des expatriés.
On passe devant l’ancienne gare, un superbe bâtiment aujourd’hui abandonné.
 
 
Après avoir repéré le môle 1 nous remontons en ville et mangeons chez Ali Baba le premier fast-food libanais de la ville, rue Pompidou, une institution.
Quelques achats dans une minuscule boutique, puis direction le dodo.
Mardi 12 août
150km dont 32 de piste rouge.
Bonne nuit malgré le ronronnement de la clim. Petit déjeuné dans le patio de l’hôtel, agréable.
Direction le môle 1, je me gare et vais seul dans les bureaux des douanes, il est 9h.
Et rebelote pour un parcours du combattant dans divers bureaux, secrétariat du « chef de section », puis chef de section, re secrétariat, 30mn tout va bien. Là le douanier téléphone pour faire venir un « passeur de document » (le mot « passeur » ne me plait pas !) à qui il remet mon carnet à faire tamponner. On descend à la « section des écritures », bureau secrétariat de section écritures, puis chef de section écritures, direction le bureau d’admission temporaire pour l’écriture (qui est en fait le coup de tampon) et là surprise : le responsable du tampon est absent, il doit revenir peut être fin de matinée ! Mon passeur reste avec moi et là je commence à comprendre que je vais devoir le payer. Il m’annonce 10€ ! Je retourne à la voiture informer ma femme de la mauvaise tournure, elle attend déjà depuis 1 heure au soleil. Les heures passent, toujours pas de tampon. Finalement ce n’est qu’après 13h30 que le douanier responsable du tampon arrive ! 2mn après on sort et là le fameux passeur intervient (à l’extérieur) et demande 20€ ! Là on craque ! Malgré nos protestations et la fatigue due au 5h d’attente aidant on cède, encore une fois.
On quitte Dakar par l’autoroute et on s’arrête dès que possible, 14h30 il commence à faire faim !
On essaye d’oublier nos déboires et de profiter des magnifiques vues de nature (les villes sont salles) mais c’est dure à avaler et on gamberge sur la suite à donner à notre séjour.
Finalement on décide d’y réfléchir le soir, en modifiant déjà nos projet et en prenant la direction de M’Bour, et le delta du Saloum que j’avais repéré comme étant incontournable. Nous passons la région de Saly où sont concentrés les hôtels des tour-opérateurs.
Un orage se déclare, certains véhicules s’arrêtent, ils n’ont pas d’essuie-glace, et même un ou deux sans pare-brise !
Après  Joal, c’est une piste en terre rouge qui fait le tour du delta, elle est détrempée mais c’est très agréable. Nous faisons des arrêts pour observer les crabes en contre-bas dans la partie mangrove, puis c’est une forêt clairsemée de magnifiques baobabs qui côtoient les cocotiers et les termitières.
piste ou nationale ? en terre au milieu de la mangrove
 
baobabs et cocotiers
Très vite la voiture passe du blanc au rouge foncé ! On adore.
Nous sommes enfin en campagne, les champs sont verts, les villages sont en huttes de terre et toit conique en paille.
On passe devant le plus grand baobab du pays, 850 ans, 34m de circonférence malheureusement entouré de marchands.
On bifurque à Samba Dia direction Palmarin, toujours cette piste très large qu’il faut surveiller tout de même car il y a beaucoup de nid de poule, on ne croise qu’un mini-bus de brousse. A nouveau on traverse les lagunes avec beaucoup d’échassiers direction la mer et rapidement on arrive au camping Djidjack à l’entrée de Palmarin, on n’est plus loin de la Gambie (50km).
Comme partout, c’est vide, juste 1 case d’occupée et c’est pourtant un paradis.
Ce sont des suisses qui ont créé ce camp il y a 13 ans et ils l’ont planté de nombreuses espèces d’arbres fruitiers, cocotiers, fromager à grosses épines et autres espèces autour des baobabs existants, agrémentés d’énormes pieds de bougainvillier en fleurs.
baobab
la case d’accueil
Il y a de superbes cases à louer, mais nous c’est tente de toit, comme il a plu, la température est agréable mais c’est moite !
La case centrale est immense et le toit de paille a en son centre un entonnoir, ce qui permet de récolter la pluie dans les citernes.
fromager

 

tisserin

Il y a pleins d’oiseaux, des merles métalliques, des tisserins qui viennent à 50cm manger nos miettes, des Calao, des youyou etc. Il y a aussi des margouillats gros lézard de 15cm à tête et queue jaune, curieux et craintif à la fois, et on verra plusieurs varans du Nil, ça c’est du lézard, 1.50m ! Ils traversent le camp lentement, sont très rapides lorsqu’ils courent après un lézard, mais nous craignent.

le margouillat
merle métallique
c’est bon une mangue !
perroquet youyou
le calao à bec rouge
un varan du nil
Il y a un énorme baobab avec terrasse en bois perchée dedans.
Nous allons sur la plage au bout du camp, elle est immense, sans fin, l’eau n’est pas très engageante, marron très chargée, il y a une épave qui date des années 80.
Des locaux courent, ils sont très sportifs et courent partout, mais dès que l’on sort le nez, il y en a toujours un à venir vous proposer ses services de « guide » ou des objets à vendre.
Le soir arrive, nous nous enduisons d’anti moustique, pantalon et manche longue, une nappe sur la table en bois, lanterne, repas tiré du coffre, un léger vent, des grillons, les étoiles, c’est royal !
Mercredi 13 août
0km, journée repos
Grasse mat !! Nous avons décidé hier soir de ne pas bouger, de profiter du calme.
Enfin, le calme …. vers 11h, coupure générale du courant et mise en marche du groupe électrogène, le secteur reviendra à 19h ! Il parait que c’est classique, et qu’il y a quelques années ça durait plusieurs jours et cela sous la pression du lobbying des fabricants de groupes et des pétroliers !
Cela ne nous empêchera pas de profiter des lieux, de faire la chasse photo des oiseaux et varans.
  
le baobab sacré avec son tronc en forme de visage
Petit tour à la piscine, et oui il y a un puit d’eau douce et une petite piscine (le paradis je vous dit), dans le parc, mais aussi sur la plage où l’on croise des vaches, etc
 
On sort un peu du camp pour aller à pieds à une boulangerie voisine, enfin … un garage avec un four à pain (excellent ma foi) mais sur le chemin, piqure de rappel, un homme nous propose d’acheter son bébé qu’il nous tend !
 
Même programme l’après-midi, sans oublier la gamberge pour la suite du voyage.
Nous décidons finalement d’abréger le séjour au Sénégal (en reportant 2 jours sur le Maroc), la semaine annulée par mon patron, le sud et la région du Niokolo Koba sont encore loin, l’état des vraie pistes est douteux avec une pluie par jour, pas d’autres touristes et nous sommes seul avec trop peu de temps pour risquer et régler un souci.
Demain nous remontrons donc vers le nord même si nous en sommes navrés.
Repas du soir au restau du camp, seul sous la grande hutte, une belle tranche de capitaine (le poisson) avec riz et bien sûr sauce locale, miam !
Jeudi 14 août
300km, 30 de piste, 150 de plage !
Remonté vers le nord, on refait la piste de terre rouge dans le delta du Saloum, il a plu cette nuit, il y a de belle flaques.
Direction banlieue de Dakar, puis route de Thiès (circulation fluide) et une piste entre la N2 et le Lac Rose.
le Lac « Rose »
 On passe près des salines du lac, pas d’activité, le lac n’est pas rose.
Du bout du lac, nous passons le banc de dunes pour se retrouver au bord de l’océan sur le lieu de l’arrivée du Paris – Dakar. La plage est immense, très belle, quelques touristes à pieds, l’eau est belle, mer calme.
Nous rencontrons un photographe professionnel accompagné de son guide, on partage des succulentes mangues, une photo qui sera sur son site.
Il est 13h, nous nous garons sous les pins pour attendre 15h que la marée basse soit bien avancée.
Nous aurons la visite d’un petit marchand avec qui on troquera un vieil appareil photo contre des plats en bois.
Un troupeau de vaches faméliques passe sur la plage.
15h, blocage des ponts du 4×4 et c’est partis pour une après-midi de bonheur sur le sable humide.
Nous remontrons la plage du Dakar ainsi sur 150km.
Au passage de certains village comme Kayar ou Mboro, la plage est très fréquentée et il y a beaucoup de barques de pécheurs, nous préférons remonter la rive pour traverser par les rues repérables sur la carte et redescendre quelques centaines de mètres plus loin. Le reste est désert, juste quelques charrettes qui vont de village en village. Il y a aussi beaucoup de personnes à ramasser des poissons échoués (renseignements pris, ça serait pour donner à une usine de farine animale, non vérifié).
A Fas Boué, la petite rue pour éviter les barques se prolongera sur un chemin envahi d’ordures, sympathique de rouler sur une décharge !, des haies de figues de barbarie crissent sur la carrosserie et nous empêche de faire demi-tour. Quelques mètres plus loin, nous retrouverons la plage et pour les villages suivant, nous ne la quitterons plus en faisant attention aux riverains. Au village suivant, c’est des grands étales de poissons séchés qui nous accueillent et les femmes les enfument, bonjour l’odeur !
Arrivé 150km plus loin au niveau de Gnayam, nous sommes obligés de quitter la plage car plus loin c’est la langue de barbarie, une presqu’ile.
20km de piste, à partager avec des camions pleins d’oignons et nous arrivons à Mouit en pleine réserve naturelle au camp Zébrabar vers 17h.
Nous avons mis 2h par la plage, alors qu’à l’aller nous avions mis plus de 4h par la nationale !
Zébrabar est un superbe et immense camp à partager avec une seule famille et beaucoup d’oiseaux.
vue depuis le mirador

tranquille
 
Encore un camp créé par un suisse, ici tout est fait maison, la soudure et le fer à béton ne coute pas cher ! Le camp est sur une presqu’ile, un mirador dépasse des cocotiers et on a une vue à 360° sur la lagune et le petit village de pécheur voisin.
Les oiseaux sont nombreux, il y aurait des singes mais nous ne les verrons pas. Sur les bords de la lagune, ça grouille de crabes avec 1 pince énorme (crabe violoniste), dès que l’on approche ils se cachent chacun dans leur trou creusé dans le sable. A la nuit tombée, nous en croiseront dans le camp ! Nuit calme pas de pluie.

Vendredi 15 août
450km prévus, 330 réels

Aujourd’hui sortie du Sénégal.
fille adoptive du camp

Après le petit déjeuné du camp (confiture de mangues, d’arachides, etc), quelques instants de contemplation sur la lagune. Les pécheurs sont de sortie avec leurs pirogues, ils lancent des filets mais n’ont pas l’air de remonter grand-chose, mer basse les crabes sont en nombre. Les oiseaux se font entendre, les calaos nous rendent visite. 

les pécheurs sur la lagune

 

le crabe violoniste

 

la tourterelle maillée

 

les calaos
les bus de Saint Louis

 
 
Route vers Saint Louis, puis vers le barrage de Diama.

Arrivée au poste frontière de Diama, c’est étrangement calme ! Déjà, il n’y a pas de village comme à Rosso, pas de porte métallique non plus. Direction le bureau de douanes et là …. C’est le drame !! « Ah non monsieur, la frontière est toujours fermée depuis 6 jours à cause d’ébola ». Confirmation au poste de police, nous sommes effondrés.
Que faire, pas le choix, il faut passer par Rosso ! 100km et 1h30 de détour avec la peur au ventre !
Nous arrivons à Rosso, nous sommes pris en charge malgré notre refus par un passeur. L’énorme portail s’ouvre et nous revoilà dans le piège ! Avantage : je connais les lieux, et j’ai beau dire à notre « accompagnant » que je connais, que je n’ai pas besoin de lui, il me suit partout.

pas encore au port mais déjà 1 « passeur » pour nous

Douanes, police, commune, on paye chaque guichet, ça va vite, retour à la voiture on attend le bac. La pression des locaux commence pour le change CFA – Ouguiya, ils nous racontent que le change est impossible de l’autre côté, ce qui est faux, nous en ferons même chez les aubergistes de Nouakchott. Petite info aussi faite très peu de change, c’est pour eux le moyen de savoir ce que vous avez et ils ajustent le racket en fonction !

le bac

12h15, nous traversons le fleuve avec notre ami passeur qui nous annonce son tarif 20€. Côté Mauritanie, la cour est calme, passage à la police qui nous dit « ah oui, mais là le douanier est parti, c’est fermé, il revient à 14h ! ».

la cour côté Mauritanie est calme, pour le moment !

14h le grand portail s’ouvre, la foule entre, avec sa part de « passeurs », par contre pas de douanier, il n’arrivera qu’à 15h et nous mets un coup de tampon ! Et là le racket recommence, d’autres civils nous coincent et demandent leur « taxe de dédouanement » 20€ (pas cher aujourd’hui), je tente de dire « ok je vais donner ça au douanier là-bas ». Et là, opposition, coup sur la voiture, insultes racistes, le douanier vient, ils se parlent et je me paye une fouille du véhicule ! Bien entendu, pas d’armes, pas d’alcool, rien (on n’est pas fou) et il me dit « faut payer ces gens maintenant » ! La somme n’est pas énorme, pas le choix, on paye et le premier passeur qui nous suit depuis le Sénégal en profite pour augmenter son prix de 10€ (soit 30) !!  Las de toute cette arnaque, on paye encore.
Tout est en règle le portail s’ouvre enfin, on fuit.
Il est 16h, j’abandonne l’idée de rallier la « gare du nord » entre Nouakchott et Nouadhibou (il n’était pas prévu de passer par Rosso et d’y perdre 5 heures), nous nous réfugions chez Olivia, auberge Jeloua, nous connaissons la route.

Samedi 16 août
530km à travers le désert
Réveil tranquille à l’auberge, nous faisons le point. Au final nous n’avons passé que 6 jours au Sénégal dont 1 dans les douanes ! Nous raccourcissons de 3 jours le voyage, 2 serons passés au Maroc avec grand plaisir et 1 à la maison avant la reprise du travail.
Change de nos derniers CFA avec le responsable de l’auberge, petit plein de vivres chez Tata, plein de gasoil et en avant pour 450km à travers le désert et ses bagnards du désert, ses superbes vues de dunes ou d’immensités plates.

tut tut

 

extracteur de sable

 

le no-man’s land

Arrivée vers 13h à la frontière. Évidemment le douanier est absent, pose casse-croute. 14h, il y a foule mais comme on est que 2 voitures à sortir de Mauritanie, on sera traité en premier (ne pas oublier de tamponner le carnet ATA de la voiture !). Police, tout se passe bien, 0€ !! A la barrière, le douanier nous demande notre lampe torche, on refuse, « ok, bon voyage ».
Traversée du no-man’s land, arrivée au poste marocain. Là, c’est du sérieux, tout est organisé, signalé, les officiels ne sont pas en tongs, veste fermée et képi malgré la chaleur. Circuit habituel, police, gendarmerie puis douane et là comme on vient de … là-bas, fouille, chien antidrogue puis scan du véhicule.
On y passe 1h30 puis route jusqu’à l’hôtel Barbas à 80km. On y passe la fin de l’après-midi devant un bon thé, avec les mêmes serveurs très sympathiques et causants et aussi une famille franco-sénégalaise.
Ils ont ouvert une auberge il y a 13 ans au nord du Sénégal à 50km de Rosso. Ils subissent la baisse radicale du tourisme étranger, à cause de Rosso les gens ne passent plus par là pour aller au Mali ou la Guinée, ils restent côté Mauritanie. Même eux sont « taxés », mais ils ont Leur passeur avec qui ils prennent rendez-vous et qui leur demande 20€ et rien de plus.
Soirée tagine et coucous, on en profite, puis dodo dans la voiture, il fait froid (16° !).

Dimanche 17 août
Barbas – Laayoune 780km

Au petit déjeuné, nous retrouvons Joseph et sa famille et nous leur parlons de notre étape du soir qui devrait être au « Camp du Roi Bédouin » après Laayoune, ça les intéresse, on devrait s’y retrouver. En fait nous prendrons la route quasiment en même temps et l’on se suivra la moitié de la journée.
A chaque village, il y a un contrôle d’identité et ça sera ainsi jusqu’à Tantan. 130kms après Dakhla, à l’entrée d’un petit bourg, Oued Karaa, on se fait arrêter par les gendarmes pour un excès de vitesse ! Eh oui, à chaque ville il y a des radars laser et ils s’en servent ! 67 au lieu de 60 = 30€ d’amende. Joseph qui suit 3mn derrière se fait choper aussi, mais discussions et au final le gendarme nous dira « On ne va pas verbaliser 2 français à la suite ! » et de partager le PV !  
Remontée sans soucis sauf que l’on est face au vent et aux rafales de sable (le parebrise s’en souvient !). Du coup j’ai sous-estimé ma consommation qui est supérieur à l’aller, et malgré le bidon de secours, c’est au ralenti avec Joseph derrière moi et un voyant de réserve allumé depuis longtemps que je ferai les 30 derniers kilomètres avant Boujdour.

chacun son poteau

On se sépare à Boujdour pour rallier le « camp du Roi Bédouin » qui est vide, morte saison. Joseph arrivera 1 heure après nous, nous commandons un tajine de dromadaire, faut essayer !

le camp du « Roi Bédouin »

 
Nous montons la tente de toit et après une bonne soirée de discussions, nous nous couchons. Mais vers minuit, nous ne supportons plus d’être ballotés par le vent qui fait claquer la toile, nous nous levons, replions vite fait et on se met à l’intérieur du 4×4.

Lundi 18 août

Laayoune – Marrakech 840km dont 250 d’autoroute
Après le copieux petit déjeuné du Roi Bédouin, nous nous séparons et prenons la longue route jusqu’à Marrakech. Rien à signaler, c’est long, nous retrouvons la civilisation, les villes, la circulation, les autoroutes à péage et nous arriverons au camping à la nuit.
Mardi 19 août
Marrakech – les gorges du Dadès 350kms

Nous décidons de « traîner » dans nos coins favoris du Maroc comme Ouarzazate et le Dadès. Nous empruntons, et c’est une première, le col de Tichka. La route est longue, sinueuse avec des vues magnifiques.

Après le col le temps se gâte, on aperçoit des orages dans l’Atlas et dans la descente vers Ait Ben Haddou et Ouarzazate les oueds sont pleins et on voit dans les villages traversés des traces de coulées de boues.

 

la route coupée (et là il n’y a presque plus d’eau …)
On s’arrête pour le repas dans un virage avec en contre bas un torrent digne des alpes à la fonte des neiges, mais avec une eau très boueuse, impressionnant. Ce qui devait arriver arrive, aux environs de Tiourjdal petit bouchon, une dizaine de voitures à l’arrêt devant nous. On va voir et en fait la route est coupée à 2 endroits par des torrents.

On patiente et après une heure et demi, la pluie s’arrête et les torrents aussi. Malheureusement la route est recouverte 2 fois de 30cm de boue sur 50m. Personne n’ose passer sauf un 4×4 local, mais il n’est pas habitué et devra s’y reprendre à plusieurs fois.

le Philippe se tâte …

 

puis fonce
et ça passe à l’aise
d’autres suivrons avec plus ou moins de réussite

Je me lance, je double la queue, j’enclenche tous les blocages de ponts, je fais signe aux curieux (qui applaudissent toute tentative) de se pousser et j’y vais à fond.
Pas de problème avec la vitesse ça passe à l’aise. Par contre ça sera impossible pour les non 4×4 et il y a maintenant 2 ou 3 km de queue !

certains vont devoir patienter longtemps !

En arrivant sur Ait Ben Haddou nous croisons le bulldozer qui monte dégager la route, mais avant d’arriver à l’oued, il devra se frayer un chemin dans le bouchon. Les pauvres gens qui attendent, y sont pour plusieurs heures !

dans la série des rond points Ouarzazate devant les studios

 

un autre (toujours le cinéma pour sujet)

Passage à Ouarzazate que nous n’avons pas l’habitude de voir si humide avec des flaques partout. Finalement c’est en fin d’après-midi que nous arriverons au camping au-dessus des gorges du Dadès. Là aussi, il a bien plu, la route au passage de la gorge est recouverte de quelques centimètres. Toutes ces petites aventures mériteront un bon tajine.

Mercredi 20 août
Gorges du Dadès – Meknès 545kms

Les orages de la veille, les coulées de boues nous font renoncer à l’idée de passer par la piste Dadès Agoudal, le col à 2900m et Imilchil. Décidément ce n’est pas la bonne année ! C’est donc par la route que nous voulons rejoindre Midelt.

nuit douce aux gorges du Dadès

 

l’eau dans les gorges a quitté la route

 
 

toujours ces paysages impressionnants

 
Tinerhir, Errachidia et la vallée du Ziz, la route se fait sans soucis, nous passons dans ces villes que nous avions déjà traversées mais en quelques années nous les trouvons bien plus propres et aménagées. Goudron, trottoirs, lampadaire etc, le progrès avance ! Tout va si vite que nous sommes de bonne heure à Midelt et nous décidons de continuer jusqu’à Meknes. Nous nous renseignons au camping Ksar Timnay après Midelt, il nous indique le camping municipal dans Meknes. Arrivé sur place en plein centre de la ville avec sa circulation, nous nous renseignons auprès de plusieurs personnes pour trouver ce camp et finalement on nous dirige vers la vieille ville, à côté de l’immense bassin Swani. Sur place on demande à des gendarmes, le camping est fermé depuis plusieurs années ! Ils disent que l’on peut dormir avec les camping-cars dans la voiture sur le parking du golf royal qui est gardé, mais cela ne nous enchante guère, c’est très animé ! Cela nous aura au moins permis de faire le tour de la cité impériale et ses remparts magnifiques sous les projecteurs car la nuit est tombée. L’endroit est très surveillé car il y a aussi le palais royal. Nous finirons finalement dans un coin tranquille du premier parking sur l’autoroute. Repas de boules de kefta au grill à côté puis dodo.

Jeudi 21 août
Meknes – Algésira 400km (plus douanes et ferries)

Nous sommes déjà sur l’autoroute, la journée sera sans charme hormis la pause casse-croute (grosse limande) et visite traditionnelle à Asilah.
Nous roulons au milieu d’un flot régulier de voitures sans incident. Nous constatons que nous n’avons jamais vu autant de plaques françaises dans un pays étranger, il y a sans exagérer 80% de « français du Maroc » 10% d' »espagnols d’ici » et 10% de vraies voitures marocaines.
Arrivée sur Ceuta (je sais Tanger Med est plus facile, mais nos billets A/R étaient sur Ceuta), la douane est surchargée et même si les français sont moins contrôlés, il faut accéder aux guichets et nous mettrons 2 heures avec quelques concerts de klaxons. Nous n’attendrons que 45mn l’embarquement sur le premier ferry, juste le temps de rencontrer et discuter avec un vrai aventurier et sa famille qui voyage avec un énorme camion 4×4, un Man double cabine type pompiers avec une grosse (5.6mx2.5m) cellule type camping-car (moteur 6,8 litres 6 cylindres, 285 CV, 8 vitesses, 18 tonnes, 800l de gasoil, 500 d’eau, chauffage, clim etc) qui a fait le tour du monde et qui revient d’une petite « pause » d’un mois au Maroc.  Je vous invite à consulter son site http://anautica.free.fr .
Traversée sans soucis, sans oublier de faire tamponner le carnet ATA du 4×4 au bureau de douane (maintenant je sais où c’est !) et nous nous pauserons pour la nuit qui est tombée sur le parking de Gutierez.

Ceuta

 

A bientôt Afrique …

Vendredi 22 et samedi 23 août
Ras si ce n’est 1400kms d’autoroute (surchargée au nord Espagne) puis de nationales d’Arcachon à Tours car moins chargées que l’A10 et baisse de température 26° à Algésiras, 13° et pluie le soir même à Irun.