13 janvier
Voici notre carnet de voyage du réveillon des dunes 2010 en Tunisie
avec tout d’abord le diaporama de nos photos puis le texte dessous.

1er jour – 26/12/10

Notre voyage a commencé le dimanche 26 décembre 2010 par une longue liaison de 1050kms de Tours à Gènes en Italie où le bateau pour Tunis nous attendait le lundi 16h, liaison estimée à 12h poses comprises et coupée sur 2 jours.
Ça, c’était sur le papier.

Mais ce jour-là, malgré un départ à 8h, nous étions nombreux en direction des stations de ski, et une succession de bouchons sur l’A6, d’Auxerre à Macon, nous a retardés de 3h pour l’arrivée à l’hôtel que j’avais réservé à Aoste !  Les petites routes étaient, elles, enneigées … impossible d’y réchapper.
Couchés 22h.
la route du départ sous la neige

2em jour – 27/12/10

Grasse matinée, départ 9h pour les 2h de route restantes sous le soleil italien, puis du brouillard en plaine.

Le rendez vous avec le reste du groupe et l’organisation Sud Expé est fixé à 15h au port pour un départ du bateau à 18h. Là encore, sur le papier …

Nous étions bien en avance, arrivés au port à 11h, nous avons visité le quartier et mangé…. des pates.

Le rendez vous a bien eu lieu à 15h, mais là on apprend que le bateau a 5h de retard !!

Remise des stickers et vestes aux couleurs de l’organisateur Sud Expé. S’ensuit une longue attente dans le froid et le noir et repas sur le port. L’arrivée du bateau est saluée par un concert de klaxons de contestation.

Embarquement, remise des cabines, confortables et propres. Visite du bateau et des 10 ponts, puis dodo.

Gènes sous le soleil Chargement de 4×4 en attente
Le Carthage – Grand et beau ferries tunisien

3em jour – 28/12/10

La nuit a été calme, la mer est plate.

La mini croisière continue, les papiers de douane et police sont remplis sur le bateau.

Arrivé à Tunis vers 20h avec 5h de retard, débarquement, passage aux douanes, fouille très sommaire de la voiture, tampons, on sort rapidement (d’autre auront moins de chance et devront patienter 1h).

Passage dans le centre de Tunis pour retirer des Dinars, puis 230km d’autoroute vers Mahdia. Arrivé au Mahdia Palace (5étoiles) vers 23h, évidement le repas prévu n’est plus disponible mais nous pouvons manger à la carte une salade tunisienne et une omelette délicieuse pour 14TND (+-7€) à 2 dans un restaurant splendide!

Couché minuit dans une chambre, que dis-je, un appartement luxueux.

Les côtes tunisiennes au coucher de soleil
La piscine du palace

4em jour – 29/12/10

Après une nuit très agréable et confortable, réveil 7h (et oui le raid commence), petit déjeuner royal, en buffet avec crêpes, saucisse, boudin, omelette, charcuteries, etc. et croissant café.

Briefing à 8h15 et départ libre avant 9h.

Dés la sortie de Mahdia, nous emprunterons des pistes en bord de mer, quelques fois à 1m de la grande bleu.

Traversée de ports de pêche, de cimetière !! de marécage, de chotts, de superbes oliveraies et arrivée vers midi à Sfax (circulation chargée).

Petit resto local en sortie de ville (salade, poulet/frites, coca) 5€ en tout pour 2 !!

Prise d’une piste sur le tracé d’un gazoduc (très rectiligne), dernière station possible à Hel Hama, puis une superbe piste dans un oued sous la lumière orangée du soleil couchant, jusqu’à Matmata.

Matmata est renommée pour ses remarquables habitations troglodytiques qui en font l’un des hauts lieux du tourisme tunisien.

L’hôtel 4* est construit style troglodytique mais, mauvaise surprise dans notre chambre : pas de chauffage et à 600m à cette époque, il fait 2° au matin. Nous passerons la nuit encagoulés dans nos duvets, comme au Cap Nord !

La route au milieu d’un cimetière
Piste au bord de la mer
La piste rectiligne
Piste superbe au coucher de soleil
L’hôtel de Matmata avec chambres troglodites

5em jour – 30/12/10

Les messages s’allongent …

Grosse journée en perspective, avec un programme encore plus chargé, 100% pistes. Tout d’abord traversée des montagnes et désert qui séparent Matmata de kzar Ghilane.

kzar Ghilane est la plus méridionale des oasis tunisiennes et l’une des portes du désert du Sahara tunisien. L’oasis est alimentée par une source d’eau chaude dans laquelle on peut se baigner, il s’agit en fait d’un puits réalisé par les chercheurs de pétrole ou gaz qui ont percé la nappe phréatique puis abandonné. 11h départ dans les sables du grand Erg après 1/2h d’entrainement dans les dunes autour de l’oasis.

C’est alors le grand plaisir attendu depuis des semaines, nous nous amusons comme des gamins dans ce tas de sable géant et infini, les sensations sont fortes. Nous sautons d’une dune à l’autre en visant les points GPS.

Chacun à son tour nous nous ensablons, mais cela ne nous bloque que quelques minutes, aussitôt tracté par un collègue. 13h, repas au milieu des dunes autour d’un puits recouvert d’une coupole construite par les bergers pour éviter l’ensablement.

A la fin du repas se pose un problème : l’organisateur, pensant bien faire, avait autorisé la création d’un groupe de soit disant « habitués » du sable qui pouvaient se permettre de faire une boucle d’une heure pendant notre entrainement et nous rejoindre au point GPS du repas. Mais, à l’heure dite, personne ! La voiture balais, restée au Fort Ghilane, informe par radio l’ouvreur qu’ils se sont plantés et qu’ils ont une heure encore avant de nous rejoindre. La décision est alors prise, au grand drame et frustration de tous, de faire demi-tour étant impossible et dangereux de faire la traversée du Grand Erg avec un groupe trop éparpillé et à cette heure tardive, risquant de se retrouver à la nuit (17h30) au milieu des dunes.

Retour donc sur Ksar Ghilane et à 17h nous prenons la route goudronnée vers Douz à 130km de là !!

L’arrivée se fera donc de nuit, une nouvelle fois, vers 19h au palace 5* de Douz et nous n’aurons malheureusement pas le temps d’en profiter.

Les pistes et sables ont laissé des traces et 4 voitures ont un problème mécanique …. Dont MOI !! Certains ont un embrayage en vrac, d’autre des suspensions, un par-choc, moi c’est le blocage de pont arrière qui ne se débloque plus ! La panne n’étant apparemment pas trop grave, je prends rendez vous pour 7h le lendemain avec le mécano.

Les dunes approchent
La source d’eau chaude de Ksar Ghilane
Notre bac à sable, enfin
A perte de vue

6em jour – 31/12/10

La nuit a été très agréable et le luxe de l’hôtel a compensé le laissé aller du précédent.

Réveil donc à 6h (pour ceux qui me connaissent, ils comprendront l’effort fournis !) et à 7h on se couche sous le 4×4 pour essayer de débloquer ce pont. La seule solution trouvée sera de déposer le moteur de blocage, de libérer le pont à la main et de remonter. La réparation se fera ultérieurement à Tours.

Départ à 8h45. La journée prévue est encore différente, on remonte déjà vers le nord, avec la traversée du Chott El Jerid (la grosse tache bleue au centre des cartes de Tunisie). La piste pour rejoindre ce lac salé donne lieu à quelques sauts de voiture et nous la parcourons à vitesse soutenue, nous sommes chaud maintenant !

Dehors la température n’excède pas 14° (16 au maximum sur toute la semaine) mais c’est tout de même mieux que les -13° rencontré au tunnel du Mont Blanc !

Puis nous arrivons au lac, on dirait qu’il a neigé, la surface de ce lac asséché (sauf quand il pleut) est recouverte d’une fine couche de sel.

C’est bien plus plat et agréable à rouler, mais il faut bien suivre les traces car un écart à 2 mètres de chaque côté et c’est l’enlisement assuré dans une boue qui fait ventouse. La piste est elle-même instable par endroit, il ne faut pas s’arrêter et passer avec l’élan, donnant lieu à de belles gerbes de boue à l’arrière.

 

La piste sans fin
Le lac salé

Vers midi, la traversée est terminée, nous sommes à Nefta.

Nous retrouvons à une station essence, Fabienne et Patrick, un couple marseillais, et nous nous arrêtons dans un restaurant local pour un super repas, en terrasse, et toujours si peu cher.

Nous reprenons la piste aussitôt après pour arriver au site du tournage des extérieurs du film « Star Wars » et nous visitons ce village planté au milieu du désert et des dunes.

Le site de Star Wars

A côté du site se trouve une grande dune et, en grands gamins que nous sommes, ce sera notre terrain de jeu pendant 1/2 heure à tenter de la monter en 4×4 ou à se donner des frissons à la descente dans l’autre sens.

Le terrain de jeu
Phiphi s’amuse

Poursuite du trajet le long d’un autre chott jusqu’à Tozeur puis goudron direction Gafsa.

Nous sommes vers 17h au Palace Jugurtha de Gafsa, un superbe hôtel, dans un cadre magnifique, situé le long d’une montagne, tous les bâtiments, chambres et salons sont décorés de manière très chargée et kitch (sièges dorés, bois de lit et mobilier couleur saumon et chargés de sculptures), et une architecture arabo-andalouse.

Nous sommes le 31, donc des festivités sont au programme avec tout d’abord un apéritif champagne offert au groupe par Sud Expé, puis un repas très très complet avec plusieurs centaines de convives tunisiennes et touristes mélangés.

Tout au long des 3h du repas, des animations ont lieu, musiciens locaux, jongleur, danseuses, danses du ventre, masques et cotillons à minuit. La fête se poursuivait en musique plus techno, mais personnellement nous préférons nous retirer vers 1h pour prendre des forces pour le lendemain.

La salle de restaurant du réveillon

7em jour – 01/01/11

Après une nuit raccourcie, un petit dej très fournis, départ à 9h pour un programme 90% piste, intitulé par Sud Expé « pistes méridionales ».

Plus de sable mais des pistes caillouteuses, voir abandonnées (et donc ravinées, défoncées), des passages contournant d’innombrables champs clôturés par des haies de cactus chargés de figues de barbarie. Des ânes, des chèvres, des hordes de chiens sauvages.

A midi, nous nous arrêtons en pleine nature le long d’une colline. Déjeuner « boite de conserve », tous les deux tranquilles et paisibles, dans une nature très silencieuse, seul quelques cris de berger au loin à entendre.

Repas « boite de conserve »
Seul au milieu de nul part

La piste de l’après midi est du même style, serpentant entre oliviers et amandiers en fleurs.
Passage à Sbeïtla, qui abrite l’un des sites antiques romain les mieux conservés du pays et traversée d’un pont romain sans rambarde et à peine plus large que le Toy.

 

Ruines romaines de Sbeïtla
Le toy sur le pont romain

Puis la piste longe une colline, mais une imprécision du road book nous envoie au sommet à 1300m d’altitude (ce qui nous offre de superbes vues). Comprenant notre erreur après 6km, nous faisons demi tour et croisons plusieurs équipages dans la même galère et cherchant la piste manquée que nous retrouvons après 1/2 heure perdu.
Un dernier oued en eau marquera la fin des pistes de ce voyage et nous rallions Kairouan, terme de cette étape.
Nous sommes à nouveau dans un superbe palace, le Kasbah prés de la grande mosquée et à 2 pas du souk que nous irons visiter après le repas, mais tout est fermé.

 

L’entrée du souk

8em jour – 02/01/11

Dernière journée tunisienne (et oui déjà !) consacrée à la liaison vers Tunis, 230km d’autoroute, et l’embarquement au port de La Goulette.

La consigne est d’arriver avant 11h30 au contrôle, donc nous en profitons pour retourner au souk de Kairouan, nettement plus animé que la veille, quelques achats notamment de succulentes dates fraiches.

Route sans encombre avec quelques spectacles hallucinants, pour nous européens, comme ce balayeur le long du rail de sécurité au milieu de l’autoroute sans la moindre signalisation ni même un simple gilet jaune, ou bien ses collègues trainant un sac poubelle dans la bande d’arrêt d’urgence et essayant de luter contre la divagation des sacs plastiques qui signalent chaque entrée de ville.

Plus avant, en sortie de Kairouan, c’était les boucheries (simples garages carrelés) qui exposent en bord de route, quelque fois sous film plastique, des carcasses, des coups ou des têtes de … dromadaire, plus exactement de jeunes sujets (plus tendre et plus cher) et qui ont, pour enseigne, un jeune dromadaire vivant attendant son tour !

 

Boucherie « Chez Momo »

Arrivé à Tunis, un dernier plein sans même regarder le prix (0.53€ le litre !), puis arrivé au port vers 11h pour récupérer les billets.

Visite des quelques marchands qui se trouvent avant la douane, proposant des poteries traditionnelles et, dans des cartons, quelques tortues d’Herman, comme celles que nous avons à la maison, mais qui elles sont sauvages, illégales et sans soins ! Le tarif est très tentant (5€ ! au lieu de 250 chez nous) mais se faire prendre avec ça dans les bagages coute très cher s’agissant d’une race protégée. On se contentera d’un sandwich merguez pour se débarrasser des quelques dinars restant.

Tortues illégales
Le Méditerranée de la SNCM

La douane s’ouvre, contrôle des papiers, fouille légère et s’ensuit une longue attente. Au fil des ¼ d’heure on voit se charger dans le Méditerranée de la SNCM des containers, sans arrêt, lentement, et on apprend que le bateau aura 4h de retard !! (Ne pas se plaindre, la veille il y avait grève au port !).

Après quelques concerts de klaxon de protestation, l’embarquement à lieu et le départ vers 16h.

La qualité du bateau dont c’est son dernier voyage avant mise en cale et vente, laisse à désirer, les cabines (cellules ?) sont minuscules, 1.50m de large, 2 places superposées vendues pour une cabine double, certaines non nettoyées (une légendaire grève du personnel SNCM) etc, nombre de passagers demandent un remplacement de cabine.

Les restaurants sont évidemment fermés et je ne regrette pas mon sandwich ! Des pizzas surgelées sont possibles à la cafétéria.

Par la suite le commandant annonce le programme, ainsi que le mauvais temps en mer et donc une vitesse réduite, ainsi qu’une arrivé à 15h au lieu de 10 ! Sachant que nous avons une dizaine d’heures de route derrière et un repas de plus à bord avec des prix en euros qui n’ont plus rien à voir avec la Tunisie, on est ravis !

Soirée tranquille par petits groupes, coucher vers 23h.

 

Au revoir Tunisie !

9em jour – 03/01/11

Dernier jour du voyage !

La nuit a été très agitée, vers 3h le bateau était bien secoué, nous roulions dans nos couchettes, les cloisons craquaient et nous ressentions bien les coups de la proue dans les creux de la mer bien formée. Au petit matin, le temps était plus calme, mais les mines de certains étaient fatiguées voir bien pales !

Dans la matinée, Sud Expé a obtenu la salle de cinéma du bateau pour projeter les photos des participants (dont les nôtres) qui les ont confiées. Mais les spectateurs ne sont pas nombreux et la salle pas chauffée !

Arrivée à Marseille à 15h30, débarquement, contrôle police et nous sommes sur la route (embouteillages de Marseille) à 16h.

Nous remontons la vallée du Rhône jusqu’à Lyon, la nuit tombe, puis direction Clermont Ferrand où vers 20h nous faisons une entorse au régime pour passer dans un MacDo !

Le reste de la route se fera avec difficulté, il n’y a personne, mais la fatigue se fait ressentir et nous ferons 2 ou 3 arrêts « sieste » de 20mn.

Arrivée à la maison vers 2h du matin, pour une embauche à 9h ! Heureusement mon travail n’est pas trop physique !

Fin du Raid – Conclusion

Et voila, c’est fini !

En conclusion, je dirais que c’était super !

Avant toute chose et pour répondre aux inquiétudes de certain en raison des événements du début 2011 en Tunisie :

Lorsque nous sommes partis, c’était le début du mouvement et nous n’étions même pas au courant !

Sur place, nous n’avons pas suivi l’actualité, nous n’avons rien vu, rien senti. Tout était calme et normal partout où nous sommes passés.

Il y avait une présence policière à beaucoup de carrefour, mais c’est normal dans ces régions.

Il est vrai que certains commentaires de serveurs, laissaient comprendre que l’actuel président avait pris le pouvoir et le conservait d’une « certaine manière ».

Le dernier jour à Tunis, nous avons entendu parler d’une grève la veille sur le port, mais rien d’autre.

Bref, il était tout de même temps d’y aller, car juste après et pendant plusieurs mois, c’était plutôt difficile !

Donc, pour le reste, tout s’est bien déroulé, nous nous sommes amusés, même si nous aurions aimé plus de sable.

L’accueil de la population est très bon, nous avons profité de superbes hôtels, mais la nourriture y était assez européanisée ! Pas de succulent tajine comme au Maroc ! Et pourtant, nous avons fréquenté plusieurs restaurants très « local ».

Les pistes étaient très variées, bords de mer, montagnes, plaines immenses, déserts, lacs salés, dunes …

Je préfère malgré tout le Maroc, pour ses décors, sa nature plus spectaculaire (la Tunisie est très plate), des villages plus simples (la Tunisie a entamé son développement il y a plus longtemps, et les villages sont bien équipés, on y trouve goudron, trottoirs et lampadaires) et sa nourriture plus typique.

Faire ce voyage en « organisé », était une bonne expérience, cela nous a permis une insouciance et une tranquillité d’esprit. Nous étions nombreux (31 voitures, 74 personnes, dans une autre organisation ils étaient 135 !) mais une fois le départ libre donné de 8h à 9h, nous étions seuls sur la route et les pistes jusqu’au soir, croisant les autres lors d’un arrêt.

Nous aurions aussi préféré un réveillon plus simple, dans les dunes par exemple !

Le véhicule s’est bien comporté, il nous a surpris de facilité et nous a permis d’aller, dans le confort, là où notre fidèle 2cv ne nous aurait pas emmené. L’expérience sable a été courte mais nous a donné confiance pour de prochains voyages (par exemple les dunes du Maroc) et d’autres rêves.

Voici le diaporama de nos photos (187), à visionner sans modération.

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Merci de nous avoir suivi et à bientôt pour de nouvelles aventures …

A suivre …